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Économie - 26 Août 2019

Conjoncture : retour vers la dynamique attendue au second semestre

Conjoncture : retour vers la dynamique attendue au second semestre

Après un premier semestre morose et conforme à leurs prévisions, les chefs d’entreprises du département affichent un certain optimisme pour la deuxième partie de l’année.

Après la morosité, retour à la confiance

 

Sans surprise et conformément aux prévisions des chefs d’entreprises recueillies en janvier dernier dans la précédente enquête de conjoncture, l’activité économique du premier semestre 2019 s’est révélée plutôt morose. Cette page semble devoir se tourner puisque les perspectives pour la deuxième partie de l’année se redressent dans un climat de confiance qui retrouve des couleurs.

 

Les entreprises qui tablent sur une amélioration de leur situation sont en effet nettement plus nombreuses que celles craignant une détérioration. Ainsi, le solde d’opinion sur le niveau d’activité des entreprises pour le deuxième semestre de l’année retrouve son niveau de juin 2018 à 30 %, après avoir chuté à 0 % en début d’année !

 

Soldes d’opinion

Il s’agit de la différence entre les réponses positives et négatives. Le vert/rouge représente les 6 derniers mois, en hachuré les prévisions et le bleu les éditions précédentes. La courbe représente les réponses "Stable".

Sur l’ensemble des activités, les différents indicateurs pour le premier semestre sont très proches des prévisions établies par les chefs d’entreprises lors de l’enquête de janvier dernier.

Toutefois, les entreprises ayant vu leurs chiffres d’affaires augmenter ont été plus nombreuses que prévu.

A contrario, là où l’on attendait un solde positif au niveau des investissements des entreprises, il se révèle négatif. Le niveau des marges reste un point de vigilance. Elles sont stables pour environ 60 % des entreprises depuis une longue période, mais pour les 40 % restants, le solde entre le nombre d’entreprises parvenant à les améliorer et celui les voyant baisser reste négatif. Une amélioration en la matière est espérée au second semestre, mais sur la durée la recherche des prix les plus bas reste au coeur des négociations commerciales.

Le fait marquant provient de l’évolution des courbes de stabilité des indicateurs qui retrouvent toutes une pente ascendante au premier semestre, tendance qui devrait s’accentuer au second.

 

DES difficultés de recrutement préoccupantes

Même si elles sont moins importantes que lors de l’enquête de janvier dernier (43 % contre 53 %), les difficultés de recrutement demeurent un sujet préoccupant pour les entreprises. Faute de pouvoir recruter, certaines d’entre elles déclarent en effet refuser certains marchés ou ne pas répondre à des appels d’offres, de peur de ne pas pouvoir satisfaire leurs clients. "En Loire-Atlantique, la hausse de l’emploi salarié est constante depuis 2014. On peut penser que cette croissance serait encore plus soutenue si les difficultés de recrutement ne restaient pas aussi prégnantes", souligne Cécile Prénat, vice-présidente CCI Nantes St-Nazaire.

Ce sont les secteurs du BTP et de l’industrie qui peinent le plus à recruter, faute de candidats. Avec un taux de chômage régional de 7,2 %, certains spécialistes estiment que nous sommes proches d’un taux incompressible, du fait du décalage entre les besoins en compétences des entreprises qui ne cessent d’évoluer et celles des demandeurs d’emplois. D’où la nécessité de former et d’attirer des collaborateurs extérieurs au territoire.

éclaircie pour la situation financière des entreprises

Après une hausse du nombre d’entreprises jugeant leur situation financière préoccupante en début d’année, on revient à un taux de 26 %, comparable à celui de juin 2018. Surtout, 68 % d’entre-elles s’attendent à une amélioration au second semestre.

 

 

 

Zoom par secteur d’activité

Industrie : Le premier semestre a été meilleur que prévu en début d’année par les chefs d’entreprises et les prévisions pour le second semestre sont encourageantes. 36 % des entreprises industrielles ont connu une hausse de leur chiffre d’affaires, alors qu’elles n’étaient que 27 % à l’anticiper en janvier dernier. La grande majorité des entreprises du secteur ont des effectifs stables, mais celles qui embauchent ou prévoient de le faire sont plus nombreuses que celles qui les ajustent à la baisse, et cette tendance doit se confirmer au second semestre.

BTP : La bonne séquence se poursuit dans le secteur. Les carnets de commandes restent bien orientés, mais les chefs d’entreprises anticipent une pause dans les  prochains mois sur les prises de commandes, en raison notamment d’un recul du nombre de permis de construire et d’une phase électorale pour les municipales qui devrait ralentir les projets immobiliers portés par les collectivités territoriales.

Services aux entreprises : La bonne santé du secteur se confirme enquête après enquête. Les chiffres d’affaires et les carnets de commandes sont attendus à la  hausse au second semestre. Les dirigeants d’entreprises du secteur pointent cependant une tension sur les niveaux de marges.

Commerce de gros : On enregistre un regain d’activité dans le commerce B to B, alors que les prévisions des chefs d’entreprises du secteur étaient pessimistes pour le premier semestre. Le dynamisme de l’industrie et du BTP augmente les volumes d’affaires alors que les premières mesures du gouvernement en faveur des plus bas revenus commencent à être ressenties par les entreprises du secteur.

Commerce de détail/Services aux particuliers : Les mauvaises prévisions de janvier dernier se sont malheureusement confirmées pour les entreprises du secteur, même si les résultats sont un peu meilleurs que ceux de la fin d’année 2018 fortement perturbée par le mouvement des Gilets jaunes. Les perspectives sur les chiffres d’affaires et les fréquentations des points de vente sont bien meilleures pour le second semestre.

 

Le second semestre vu par les chefs d'entreprises

Facteurs d’optimisme
  • croissance économique et attractivité du territoire,
  • crise des Gilets Jaunes apaisée,
  • des taux d’intérêt bas pour les entreprises et les consommateurs.
 
Facteurs de pessimisme
  • un manque de confiance général : manque de visibilité par rapport aux impôts et taxes, niveau de la dette publique, lourdeur administrative,
  • la baisse ressentie du pouvoir d’achat,
  • le changement climatique,
  • les difficultés de recrutement.